La culture sans moderation

Je découvre

Musée du Désert de Mialet
PatrimoinePaysages, sites et édifices
médias disponibles

Au cœur d’un hameau cévenol et de ses ruelles typiques, dans la maison natale du chef camisard Rolland, par des pièces et des documents authentiques, le Musée du Désert fait revivre le passé huguenot et l’Histoire des Camisards. Dans l’histoire du protestantisme français, l’expression Désert définit une période qui s’étend de la Révocation de l’Edit de Nantes (1685) à la Révolution Française (1789). Privés alors de liberté de culte, c’est loin des villes, cachés dans les endroits isolés, déserts (dans les forêts, les garrigues, les grottes ou les ravins…), que les protestants de France (en Cévennes, mais aussi en Haut-Languedoc, en Poitou, Dauphiné, Vivarais…) furent obligés de vivre clandestinement leur foi. Ce mot de Désert avait aussi pour eux un sens biblique, comme les 40 années pendant lesquelles les Hébreux de l’Exode avaient erré dans le désert, lieu de tribulations, de tentations et de désespoirs, mais aussi lieu où se faisait entendre la parole de l’Eternel. Cette page d’histoire concerne toute la France mais a marqué particulièrement le Languedoc et les Cévennes, où, dès le début du XVIe siècle, le protestantisme s’est largement implanté. Le Musée du Désert témoigne par l’ensemble de ses collections exposées, tel un grand livre d’images, d’une facette de l’identité cévenole forgée par de l’Histoire.

Pour aller plus loin :

C’est en 1880 que la Société de l’Histoire du Protestantisme Français décida d’acquérir la vieille demeure de la famille Laporte qui vit naître en 1680 Rolland, le Chef Camisard, permettant à son arrière neveu d’y terminer ses jours. Ce dernier montrait volontiers les souvenirs de son célèbre ancêtre, toujours restés dans cette maison : la Bible de Rolland, la fourche du Camisard, la cachette au fond du placard de la cuisine… En 1910, Frank Puaux, Président de la SHPF et son ami Edmond Hugues décidèrent de faire de cette maison, restée vide après de décès du dernier Laporte, un lieu de mémoire de l’époque du Désert. Ils y déposèrent leurs collections et formèrent ainsi le Musée du Désert, inauguré en 1911 par la première Assemblée du Désert.

Le Musée n’a cessé de croître depuis. Au fur et à mesure du temps il a pu acquérir les maisons adjacentes à la Maison de Rolland et agrandir ainsi sa surface d’exposition. Situé au cœur des basses Cévennes, au Mas Soubeyran, un hameau de la commune de Mialet près d’Anduze et de Saint-Jean-du-Gard, c’est aujourd’hui un ensemble classé, fait de vieilles pierres, de petites ruelles typiques et de maisons agglutinées les unes aux autres. Les collections s’enrichissent aussi sans cesse. Conservatoire de l’Histoire protestante, il présente, conserve et recherche en permanence toute pièce, livre, document sur l’histoire huguenote. Le Musée du Désert fait aujourd’hui partie du paysage historique, culturel et touristique des Cévennes en retraçant, par près de 2000 objets authentiques exposés en une quinzaine de salles, l’Histoire des Huguenots et des Camisards en Cévennes.

Château de Quéribus
PatrimoinePaysages, sites et édifices
médias disponibles

C’est sur la commune de Cucugnan, village des Corbières que se dresse le château de Quéribus. Perché sur un étroit piton rocheux, le château émerge et projette sa silhouette massive à 728 mètres d’altitude. Quéribus est l’un des « Cinq fils de Carcassonne » avec Aguilar, Peyrepertuse, Puilaurens et Termes. Sa situation stratégique de premier ordre lui permettait d’exercer une remarquable surveillance sur la plaine roussillonnaise au Sud et de barrer l’entrée du massif des Corbières à l’ennemi. L'état et la conservation de Quéribus sont remarquables. Les éléments liés à la vie quotidienne dans la forteresse sont toujours visibles : citerne enduite, corps de logis, emplacement de cheminée...
On peut aussi y voir une architecture militaire très complète : canonnières, assommoirs, mâchicoulis... Son donjon polygonal est réputé pour sa salle de style gothique primitif dont la voûte repose sur un puissant pilier circulaire s'épanouissant en palmier. La terrasse du donjon offre un panorama inoubliable qui s'étend de la mer, aux Corbières, jusqu'aux Pyrénées.

Pour aller plus loin :

Mentionné en 1020, le château de Quéribus fait alors partie du comté de Besalù, puis de Barcelone et entre enfin dans la maison d’Aragon en 1162 en tant que forteresse royale. Une famille de Cucugnan, apparaît pour la première fois en 1193. Lors de la croisade contre les albigeois, elle se présente comme l’une des championnes de la cause du Languedoc. Ainsi, avant 1240, Pierre de Cucugnan ravitaille les hérétiques du château de Puylaurens. En 1240, il rejoint Raymond Trencavel qui fait le siège de Carcassonne. A la suite de l’échec de ce siège, il se soumet à Saint-Louis. Le château de Quéribus abritera encore des cathares. Le diacre du Razès, Benoît de Termes, s’y réfugie sous l’autorité du chevalier Chabert de Barbaira. Celui-ci est finalement contraint de céder devant Saint-Louis en 1255. Dernier bastion à tomber, onze ans après la chute de Montségur, il devient une pièce maîtresse du dispositif défensif français. Il perd son intérêt stratégique en 1659 lors du Traité des Pyrénées qui fixe la frontière avec l’Espagne à son emplacement actuel.

Canal du Midi
PatrimoinePaysages, sites et édifices
médias disponibles

Avec ses 360 km navigables assurant la liaison entre la Méditerranée et l'Atlantique et ses 328 ouvrages (écluses, aqueducs, ponts, tunnels, etc) le réseau du canal du Midi, réalisé entre 1667 et 1694, constitue l'une des réalisations de génie civil les plus extraordinaires de l'ère moderne, qui ouvrit la voie à la révolution industrielle. Le souci de l'esthétique architecturale et des paysages créés qui anima son concepteur, Pierre-Paul Riquet, en fit non seulement une prouesse technique, mais aussi une œuvre d'art. Le Canal du Midi est classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1996.

Pour aller plus loin :

Le canal du Midi est l'une des réalisations technologiques les plus importantes de l'époque moderne. Il est à l'origine d'un épanouissement technologique qui a mené directement à la révolution industrielle et à l'ère technologique actuelle. C'est aussi une étape significative dans l'histoire de l'Europe, celle du développement des réseaux navigables, rendu possible par la maîtrise des problèmes d'ingénierie civile hydraulique. De plus, dans ce cas précis, l'innovation technologique se combine avec un souci élevé de l'architecture et du paysage, qui trouve peu de parallèles ailleurs.

Les recherches sur la possibilité de créer des canaux reliant entre elles les deux grandes voies fluviales naturelles du sud-ouest de la France commencèrent au début du XVIe  siècle, lorsque François Ier revint en France avec Léonard de Vinci. L'un des projets prévoyait la jonction de la Garonne à l'Aude, et donc celle de l'Atlantique à la Méditerranée. La première entreprise couronnée de succès fut le canal de Briare, reliant la Loire à la Seine, qui fut achevé en 1642. De nombreux projets furent alors élaborés pour résoudre le difficile problème de la liaison entre Méditerranée et Atlantique, en recourant à différentes solutions techniques. Celle-ci devait finalement se concrétiser grâce au climat politique très favorable de la France du milieu du XVIIe  siècle et au travail de Pierre-Paul Riquet, qui commença à réfléchir au projet en 1654.

Ce bien comporte cinq éléments répartis sur une voie d'eau d'une longueur totale de 360 km. Le principal canal du Midi va de Toulouse à l'étang de Thau, sur la côte méditerranéenne, à Marseillan ; il présente à ce niveau une dérivation entre Moussan et Port-la-Nouvelle, qui englobe une partie de l'ancien canal de la Robine. Les eaux de la Montagne Noire sont dirigées vers deux aqueducs qui se rejoignent pour se jeter ensuite dans le canal à Naurouze. Le canal de Saint-Pierre forme le lien entre le canal principal et la Garonne à Toulouse. Enfin, un court tronçon relie l'Hérault à l'écluse ronde d'Agde. L'ensemble comporte 328 ouvrages d'art - écluses, aqueducs, ponts, déversoirs, tunnels, etc. ; l'un des plus remarquables est la digue de Saint-Ferréol sur la Laudot, dans la région de la Montagne Noire, qui est le projet le plus ambitieux de tout le canal, et la plus grande réalisation d'ingénierie civile de son temps.

Exploitation de la Galène Argentifère à Vialas
PatrimoinePaysages, sites et édifices
médias disponibles

L’aventure industrielle de Vialas débute sur les berges des ruisseaux de la Picadière et du Colombert, et les montagnes se lézardent de galeries. Dans un premier temps, l’activité sur Vialas ne consiste qu’en un abattage et un triage des blocs de minerai, l’essentiel de la transformation des roches se fait à l’usine de Villefort. Mais très vite, les filons de Vialas se montrent particulièrement riches, et les coûts de transports trop importants. En 1827 on décide donc de transférer la fonderie de Villefort à Vialas. On installe donc, au confluent des cours d’eau de la Picadière et du Luech, une usine dont l’architecture nous étonne encore. Aujourd’hui, les vestiges de l’usine, témoignage exceptionnel de l’ingéniosité des architectes, d’une époque instigatrice du Vialas actuel, font l’objet d’une mise en valeur.

Pour aller plus loin :

Le territoire de la commune s'étend sur près de 5000 ha de granit et de schiste. C’est dans cette partie schisteuse que l’on a découvert à partir de 1781 des filons métallifères. La galène est un minéral contenant du plomb qui comporte lui-même de l’argent, un peu à l’image de poupées russes.

Face à l’étroitesse du site, pour accroître la surface plane, les architectes de l’époque créent une voûte de 100 mètres de long au-dessus de la rivière et pour permettre une évacuation des fumées toxiques, ils aménagent une cheminée rampant le long de la montagne, posée sur une trentaine d’arches. Le réseau de l’eau est tout aussi admirable: huit roues à aube ou augets se répartissent l’eau sur quatre niveaux de chute. L’eau est la principale force motrice de l’usine. A plusieurs reprises, la sécheresse et le gel ont contraint l’activité industrielle, comme en 1837 où l’ensemble des employés de l’usine restent au chômage pendant près d’une année.

Durant la période la plus faste, l’exploitation de la galène emploie près de 500 personnes, réparties entre le travail dans la mine (abattage du minerai, étayage des galeries, roulage des blocs jusqu’à l’extérieur), sur le carreau (triage des blocs de minerai, lavage, et roulage jusqu’à l’usine), à la préparation mécanique (retaille des blocs à l’aide de machines diverses telles que le Bocard, les tables à secousses, pour ne conserver que la partie concentrée en minerai).

Si l’usine recrute majoritairement des paysans-mineurs, elle a aussi recours à une main d’œuvre étrangère : des Allemands pour leur connaissance dans les techniques d’exploitation de ce type de minerai, des Italiens issus du Piémont pour la main-d’œuvre. On assiste à Vialas, comme dans d’autres usines contemporaines, à la mise en place de mesures paternalistes : les ouvriers sont logés par l’usine, disposent de magasins de subsistances, d'une boulangerie, d’une caisse de secours et d’une caisse d’épargne gérés par la compagnie, les hommes ont l’obligation d’aller à l’école, les enfants sont logés, nourris et blanchis. La compagnie gère et administre ses ouvriers à tel point qu’elle leur fournit même une monnaie particulière pour qu’ils achètent leurs aliments dans les magasins de l’usine. L’argent gagné à l’usine est dépensé à l’usine.

Mais dès 1869, l’exploitation devient de plus en plus difficile : les filons sont irréguliers, leur teneur en argent moindre, les coûts de transport augmentent, tandis que le cours des métaux chute. L’activité industrielle persiste bon an mal an, jusqu’en 1894, date de fermeture définitive. Des projets d’exploitation de l’or émergent au début du XXe siècle, mais demeurent avortés.

Chemin de Stevenson
PatrimoinePaysages, sites et édifices
médias disponibles

Le GR70 est un des plus célèbres de la région Occitanie. Il retrace la formidable aventure de Robert Louis Stevenson, qui à la fin du XIXe siècle, a parcouru les Cévennes avec pour seule compagne, son ânesse Modestine. A l'issu de son voyage, il publia son carnet de route « Randonner avec un âne dans les Cévennes » et fit de cette épopée une aventure désormais partagée par de nombreux amateurs de la marche.

Pour aller plus loin :

Le 22 septembre 1878, Robert Louis Stevenson, jeune écrivain écossais, se lance à pied avec son ânesse Modestine du Monastier sur Gazeille jusqu’à Saint Jean du Gard. Le but de son exploration est double, Stevenson veut oublier Fanny Osbourne son amoureuse repartie en Amérique et découvrir les contrées sauvages du centre de la France, le pays des Camisards. À son retour en Écosse, Stevenson relate son périple dans un journal de route qui s’intitule Voyage avec un âne dans les Cévennes. Sa bibliographie s’étoffera ensuite de grandes œuvres comme « l’île au trésor » et « le cas étrange du Dr Jekyll et de Mr Hyde ». L’itinéraire qu’il emprunta est une invitation à la découverte. Il traverse 4 régions distinctes, Le Velay, Le Gévaudan, Le Mont Lozère et Les Cévennes.

 «  Je ne voyage pas pour aller quelque part, mais pour voyager; je voyage pour le plaisir du voyage. L’essentiel est de bouger, d’éprouver d’un peu plus près les nécessités et les aléas de la vie, de quitter le lit douillet de la civilisation, et de sentir sous ses pieds le granit terrestre avec, par endroits, le coupant du silex. »

R.L-Stevenon, Voyage avec un âne dans les Cévennes.

Buron d’Aubrac
PatrimoinePaysages, sites et édifices
médias disponibles

On compte au moins, un buron par "montagne", c'est-à-dire par propriété qui sont au nombre de 303 sur l'Aubrac lozérien. On recensait encore en 1964, 68 burons en activité, aujourd'hui, il n'y en a plus qu'un. Le buron est une construction qui sert à la fabrication du fromage (la fourme et la tome) mais aussi de logement au personnel pendant l'estive, c'est-à-dire la période durant laquelle les troupeaux pâturent sur ces hautes terres. Leur venue est par ailleurs l'occasion d'une grande fête : la transhumance, tradition encore vivace où les bêtes rallient la plaine au plateau, décorées de fleurs multicolores et de sonnailles. A l'origine, le buron n'était qu'une hutte construite avec des perches de hêtres et recouvertes de mottes de terre ou de pelouse. A partir du début du XIXe siècle, ils ont tous rapidement été abandonnés au profit des constructions actuelles en pierre.

Pour aller plus loin :

De volume rectangulaire, le buron est bâti de pierre de basalte ou de granit soigneusement équarries en grand appareil pour les angles, les ouvertures et la cheminée. Adossé à la pente, le flanc Nord s'enfonce dans le terrain. Les murs mesurent en moyenne 60 à 80 cm de largeur. Le plus souvent, le toit est en double pente et recouvert de lauzes de schiste. Les ouvertures sont peu nombreuses, de petite taille et ne laissent entrer la lumière que dans la salle commune où se trouve la cheminée, élément indispensable à la fabrication du fromage et nécessaire au confort de l'habitat dès les premiers froids de septembre. C'est là que les hommes du buron préparent les repas, vivent et fabriquent le fromage.

A côté de cette pièce, la cave, semi-enterrée, située au Nord et le plus souvent voûtée, bénéficie d'une température idéale pour la conservation et l'affinage du fromage que l'on entrepose. A l'étage, le grenier sert de chambre à coucher et de lieu de stockage. Souvent un petit bâtiment annexe complète le lieu : la sout ou porcherie. C'est là que sont élevés au petit lait les porcelets. Plus rarement, une petite étable surmontée d'une grange se trouve dans l'enceinte du buron.

 Délimité par un muret en pierre sèche d'environ 1 mètre de hauteur, le buron et souvent agrémenté d'un frêne qui procure une ombre bienfaisante en été et de la feuille pour les animaux un peu plus tard. Un jardin contribuait à améliorer l'alimentation des hommes du buron. N'étant pas équipé d'eau courante, le buron est bâti à proximité d'un point d'eau et du parc où a lieu la traite, afin de limiter la distance à parcourir pour transporter le lait au buron.

En général, le nombre d'hommes vivant dans un buron en Lozère était de trois. Véritable équipe de travail, chacun avait son grade et des tâches bien définies. Jadis, la traite avait lieu 2 fois par jour et les quantités de fromage fabriquées étaient importantes. Les buronniers avaient par ailleurs pour réputation d'être les meilleurs préparateurs d'aligot, plat à base de purée de pomme de terre et de tome que l'on savoure toujours aujourd'hui ! De nos jours, les burons sont transformés en résidence secondaire ou en gîte. Étant cependant éloignés de tous réseaux (eau, électricité), plusieurs périclitent lentement bien que leur présence soit l'emblème de l'Aubrac.

Javols, capitale antique du Gévaudan
PatrimoinePaysages, sites et édifices
médias disponibles

Il y a plus de 2 000 ans, l’actuel département de la Lozère se nomme alors, le Gévaudan. Ce territoire est occupé par un des soixante peuples gaulois habitant alors la Gaule : les Gabales peuple vassal des Arvernes et de leur chef, Vercingétorix. Les Gaulois vaincus à Alésia, le territoire des Gabales est inclus dans la province d'Aquitaine. Un chef-lieu est alors fondé pour administrer le territoire : ce sera Anderitum, ancêtre de Javols. Les traces d'un sanctuaire gaulois, antérieur à la fondation, peuvent expliquer le choix surprenant d'implanter la capitale à cet endroit excentré et aux rudes conditions climatiques. C'est aussi, pour les Romains, peuple urbain, un moyen de marquer leur domination sur un peuple jusqu'alors rural. Etape de la voie qui reliait Lugdunum (Lyon) à Burdigala (Bordeaux), Anderitum a joué au Ier et IIe siècles de notre ère un rôle politique, administratif, économique, judiciaire, religieux et culturel. Elle se pare alors de monuments publics et occupe une surface de près de 40 hectares. Mais dès le IIIème siècle la ville décline, puis, elle change de nom pour adopter celui de son peuple : Anderitum devient Ad Gabalos. Affaiblie par le transfert du siège épiscopal et politique à Mende durant le haut Moyen Age, l'ancienne capitale se rétracte dans les limites actuelles du village. Les vestiges mis au jour par les archéologues montrent que la ville des Gabales était organisée selon le schéma d'urbanisme romain typique : de part et d'autre de deux rues principales nord-sud (cardines) coupées par cinq rues transversales (decumani), se développent des zones d'habitation, des bâtiments liés aux loisirs comme des thermes ou un théâtre, d'autres liés à la vie politique, judiciaire et commerciale comme une basilique ou le forum, centre publique qu'on retrouve dans toute ville romaine. Les rives du Triboulin ont également fait l'objet d'aménagements afin de canaliser le cours d'eau. Deux nécropoles étaient situées, comme c'était alors l'usage, à l'extérieur des limites de la ville.

Le saviez-vous ?

C’est la découverte d'une borne milliaire en 1828 qui a déclenché les premières fouilles du site !

Château de Peyrepertuse
PatrimoinePaysages, sites et édifices
médias disponibles

Le château de Peyrepertuse (Castèl de Pèirapertusa en occitan) se trouve sur une crête calcaire à près de 800 m d'altitude, à un emplacement stratégique qui permet à la fois de voir loin dans les différentes vallées qui l'entourent, de contrôler les cols et de communiquer des signaux au château de Quéribus un peu plus au sud. Le château fait partie des « Cinq fils de Carcassonne » avec les châteaux de Quéribus, Puilaurens, Termes et Aguilar, tous situés en haut de pitons rocheux « imprenables ». Il est surnommé la « Carcassonne céleste » car c'est le plus grand des cinq châteaux et qu'il était aussi vaste que Carcassonne. Aujourd’hui le château accueille de nombreux visiteurs. On y accède par une route qui s'arrête sous la falaise et il faut ensuite emprunter un chemin pour faire le tour du château par l'est et rentrer par l'entrée principale côté nord. Tout le reste du château, construit sur la falaise, est inaccessible. Mais à l'époque des Cathares un passage secret permettait après un chemin étroit derrière un gros éperon rocheux de rentrer dans le château par une échelle amovible. Même si le château est en ruine, la plupart des murs sont encore debout, certaines pièces sont encore bien conservées, notamment la chapelle fortifiée dans le Bas-Château. Pendant l’été vous pourrez aussi assister à l’un des spectacles de fauconnerie ou participer au festival médiéval au cours duquel près de 60 comédiens redonnent vie à la citadelle.

Pour aller plus loin :

Le château mesure 300 mètres de long et 60 mètres de large dans sa plus grande largeur. Tout le château est entouré de remparts soigneusement accrochés en haut des à-pics. Le donjon vieux est formé de l'église Sainte-Marie, de style roman, et d'un logis.

Le site de Peyrepertuse a été occupé à l'époque romaine, dès le début du Ier siècle avant JC. La première mention du château date de 1070. Il a été successivement aux mains des comtes catalans de Besalù, puis des comtes de Barcelone et de la vicomté de Narbonne. Au cours de la croisade contre les Albigeois, après l'échec du siège de Carcassonne, le château devient possession française en 1240. Avec le traité de Corbeil de 1258, Peyrepertuse devient l'une des forteresses royales françaises avancées sur la frontière du royaume d'Aragon, mais à la suite du traité des Pyrénées en 1659 il perd son rôle stratégique et est déclassé comme place frontière. Il est abandonné à la Révolution et vendu comme bien national en 1820. Classé au titre des monuments historiques en 1908 les premières campagnes de consolidation de l’édifice commencent en 1950.

Arènes de Nîmes
PatrimoinePaysages, sites et édifices
médias disponibles

Les Arènes de Nîmes illustrent parfaitement le degré de perfectionnement atteint par les ingénieurs romains pour la conception et la construction de ce type d'édifice très complexe. En effet, il présente une symétrie parfaite. De forme ovale, il mesure 133 mètres de long et 101 de large avec une piste de 68 sur 38 mètres. Mesurant 21 mètres de haut, sa façade extérieure est à deux étages de soixante arcades superposées et d’un attique, séparés par une corniche. Au sommet, des pierres en saillie trouées recevaient des mats auxquels était accroché un velum, immense toile déployée au-dessus des spectateurs pour les protéger du soleil et des intempéries. A l'origine, toutes les arcades du rez-de-chaussée, séparées par des pilastres d'ordre toscan, étaient ouvertes pour servir d'entrée ou de sortie. On connaît des amphithéâtres romains plus grands, mais celui de Nîmes est le mieux conservé de tous.

Le saviez-vous ?

Les amphithéâtres, aujourd’hui appelés Arènes, comme les théâtres, les gymnases et les thermes faisaient partie des édifices publics que l’on élevait selon un plan quasi identique dans les colonies gallo-romaines d'une certaine importance. Pour le pouvoir romain, c'était un moyen de diffuser la culture latine dans les populations colonisées, mais aussi de les éloigner de toute préoccupation politique et de prévenir d'éventuelles révoltes.

Pour aller plus loin :

« Le monument pouvait accueillir 24 000 spectateurs qui se répartissaient sur 34 rangées de gradins. La conception de l'amphithéâtre assurait pour tous une vue d'ensemble sur l'arena. Plusieurs galeries souterraines sous la piste formaient les coulisses. Des trappes et un système de monte-charge permettaient de faire apparaître des décors, animaux ou gladiateurs au cours des spectacles.

Les combats de gladiateurs, notamment, étaient très prisés des populations. Après l'interdiction des combats de gladiateurs en 404, les arènes furent transformées en forteresse par les Wisigoths. Lors des Grandes Invasions de l'Antiquité tardive puis au Moyen Âge durant les périodes d'insécurité, la population se réfugia même dans l'enceinte de l'édifice qui fut alors utilisé comme village fortifié qui contenait deux églises, 220 maisons, ainsi qu'une petite fortification. Aujourd'hui, les arènes sont utilisées pour de nombreux spectacles, notamment les concerts du festival de Nîmes en juillet et août. »

Arenes-nimes.com

Maison Carrée de Nîmes
PatrimoinePaysages, sites et édifices
médias disponibles

Construite sur un podium dominant le forum (le cœur économique et administratif de la Nîmes Antique) la Maison Carrée à Nîmes est le seul temple du monde antique intégralement conservé. Inspirée par les temples d'Apollon et de Mars Ultor à Rome, la Maison Carrée à Nîmes séduit par l'harmonie de ses proportions. Seul temple du monde antique complètement conservé, la Maison Carrée mesure 26 mètres de long sur 15 de large et 17 de hauteur. Le plafond du pronaos date du début du XIXe siècle ; la porte actuelle a été réalisée en 1824.
La Maison Carrée est l'une des expressions du nouveau pouvoir mis en place par Auguste. Autour du personnage majeur s'ordonne une famille impériale, se mettent en place des lieux de manifestation et d'expression de l'autorité publique, désormais concentrée dans les mains d'une personne. Monuments, inscriptions, statues et portraits, éléments du décor architectural, décrivent, chacun par un langage propre, l'action et le devenir du nouveau régime. La Maison Carrée de Nîmes, sur laquelle une inscription en lettres dorées mentionnait les deux jeunes enfants adoptés par Auguste participe de cette nouvelle réalité politique.
La Maison Carrée doit son exceptionnel état de conservation à une utilisation sans interruption depuis le XIe siècle : tour à tour maison consulaire, écurie, appartement ou église. Après la Révolution Française, elle est le siège de la première préfecture du Gard, en Provence, puis elle sera aménagée en archives départementales. Elle est classée au titre des monuments historiques depuis 1840.

Le dernière restauration de la Maison Carrée a débuté en 2006 et s’est achevée fin 2010, sous la direction de l'architecte en chef des monuments historiques, et avec l'avis d'un comité scientifique composé de conservateurs du patrimoine, de techniciens de la restauration, d'historiens, d'archéologues, spécialistes de la pierre.
44 000 heures de travail pour que sculpteurs et compagnons tailleurs de pierre donnent un nouveau souffle à la Maison Carrée. C'est la plus vaste restauration de son histoire, elle peut désormais affronter l'avenir !

Ce site est cofinancé par l’Union européenne.